Nicolas Beaure

 

Mon approche de l’architecture est une résultante de faits de vie divers, de rencontres et de lectures. Des liens se tissent entre tous ces éléments de vie. Le rapport à l’architecture est différent suivant les gens, les populations, les pays.

Cette prise de conscience personnelle est née d'un voyage à Barcelone, ville dans laquelle j’ai vécu une année. Cette ville, pourtant peu éloignée de la France offrait déjà un mode de vie différent, une manière de ressentir l’espace urbain distincte. Cette ville à une histoire politique, artistique, architecturale, urbanistique, économique qui la rend unique. Sa population est internationale et pourtant le patriotisme catalan est constamment présent.

Là-bas je me suis rendu compte des différences dans la pratique et la conception de l’espace, dans le dessin de l’architecture, dans les techniques et même dans la « mode architecturale ». Mais ce n’est pas tant le voyage en lui même qui est enrichissant, c’est le retour en France avec un nouveau regard.

En effet, la prise de recul efforce un regard neuf sur ce que l’on croyait connaître, et cela dans tous les domaines. On se questionne sur des éléments qui nous semblaient évidents et ces remises en question étoffent notre regard critique.

 

Cette nouvelle façon de voir les choses se confrontait, à mon retour, aux regards neuf de nouveaux étudiants de l’école d’architecture par deux années de monitorat et une année d'enseignement. Les ateliers de projet étaient nourris de leurs utopies et de leur vision neuve de l’architecture.

La participation à un enseignement permet ce positionnement face à ses connaissances, apprendre à les échanger et à les expliquer.

 

 

Une rencontre :

 

ou la réalité subjective

 

 

 

«

 

- Tu es architecte ? mais tu dessines bien alors ?

 

 

- Si je dessine bien …

 

On peut dire que pour un client je dessine avec des ombres

Pour le maçon je dessine des hachures

Pour le plombier je dessine des lignes et des flèches

Pour l’électricien je dessine des symboles étranges

Pour l’économiste je dessine un ensemble

Pour le magazine je dessine en couleurs

Pour moi je dessine imprécis

 

Alors pour répondre à savoir si je dessine bien je répondrais: tout dépend le dessin que tu regardes.

 

 »

Projet de fin d'étude :

Obtenu avec mention très bien et félicitation du Jury   [ images ]

 

Pour conclure le master d’architecte, le thème choisi de mon projet de fin d’étude résumait bien les différentes directions prises lors de mon cursus universitaire : Architecture et articulations territoriales.

Pour donner de la cohérence et une certaine réalité dans mon diplôme, j’ai fait le choix de prendre une problématique réelle de l’agglomération Clermontoise et de travailler l’échelle urbaine durant un stage de six mois à l’agence de Clermont Métropole. Cette expérience m’a permis de valoriser mon travail au delà des frontières de l’école et de le présenter à des acteurs des villes (SMTC, CEE, élus, etc.). C'est également une prise de conscience sur l’importance des choix qu’avait à prendre l’architecte à toutes les échelles du projet. Dans ses choix, il impacte sur le territoire, les ressources, la gestion de l’eau, des matières premières, l’économie, les modes de vie mais également l’impact culturel. 

 

 

« L’architecture est l’art le plus universel : elle protège le passé comme un sanctuaire et de façon plus globale et accessible qu’aucune autre forme de culture. Elle révèle le gout et les aspirations d’une époque à quiconque parcours les rues d’une ville. Pour voir de la peinture, il faut aller dans les galeries et pour connaître la littérature il faut ouvrir les livres. Les édifices, eux, sont constamment offerts au regard de chacun. La démocratie est un fait urbain, l’architecture son expression artistique. » [2]

 

[2] Robert Byron